...Adrien...

...Adrien...
Parce que je t'aime pour l'éternité, tu es ma vie mon amour, nous sommes unis par des chaines d'amour, de diamants et de sang, tu es ma vie entière Adrien. Rien n'est assez puissant pour le dire. Je t'aime au delà de toutes limites. On s'aime éternellement mon amour. Je t'aime tant... JE T'AIME !!!
# Posté le dimanche 07 juin 2009 15:41
Modifié le dimanche 07 juin 2009 16:13

Burton!

# Posté le vendredi 29 mai 2009 15:11

Lead Your Steps Back

Il y avait une forêt, par delà ce long chemin sinueux, serpentant sournoisement le long de maisons abandonnées, hôtes silencieuses d'un jardin funèbre, pays des hommes déchus enfouis dans la terre froide. Les arbres gigantesques se dressaient vers le ciel, lançant leurs branches aux longs doigts avides en une quête éternelle, semblaient espérer caresser les astres de leurs écorces sèches et mornes. Les feuilles tombaient continuellement en un tapis doré, lit encombrés de victuailles criant sous les pas de loups affamés. Le chemin continuait parmi ces silhouettes distordues, penchées écoutant, fouinant de leurs yeux aveugles, pourtant affamés et curieux, mais il se faisait timide hésitant, parfois s'effaçait, ne laissant aucun réconfort à quiconque s'y aventurait, il était la lumière rassurante, tremblante entre les mains hésitantes d'hommes transformés soudain en de fragiles enfants, tremblant d'une peur grouillante, s'immisçant en eux et grandissant à l'écoute des hurlements de bêtes affamés, aux iris traqueurs qui arpentaient inlassablement les immenses feuillages. Il était déconseillé depuis la nuit des temps d'entrer dans cette forêt la nuit tombée, quand la lune elle-même, amie infidèle dissimulait sa lueur argentée derrière de lourds nuages sombres, quand les ténèbres envahissant s'écoulaient sur les toits des taudis brûlés, et rampaient, effaçant l'allée rassurante d'une terrible caresse. Ces bois étaient hantés. Légendes et croyances perduraient sur les lèvres tremblantes de villageois effrayés, dans les esprits et les mémoires d'anciennes femmes, qui avertissaient les âmes obstinées, leurs pupilles devenues blanches comme neige, la bouche vibrante, en une litanie protectrice. L'entrée y était d'ailleurs condamnée par une pancarte annonçant la mort, l'irréversible mort des esprits tumultueux désirant - possédés par quelque idées funestes - y pénétrer. Cette route aux sillons macabres symbolisait un voyage éternel dans l'enfer brûlant, la torture, la souffrance éternelle des pêcheurs qui oseraient défier les dieux pour y entrer.
Le village endormi dans le plus sombre des rêves frémissait à l'ombre des arbres. Les visages ridés par la crainte éternelle accueillaient silencieusement les rares passants perdus au gré de leurs folles pensées, puis disparaissaient dans la chaleur des maisons rouillées, roussies par les ans et le sang coulant sur les légendes, monde glaçant prisonnier des feuillages épuisés. Les tristes manants fuyaient alors, maudissant leurs pas d'être arrivés, téméraires, jusqu'à la lisière hantée.

Il y avait un homme, dont la beauté n'avait d'égale que la prétention, non loin de la péninsule aux couleurs de mort. Il approchait, calme comme un fauve prêt à bondir, des maisonnettes grisâtres, glissant au milieu de ces fleurs déchues, un sourire figées aux lèvres. Il traversait la peur sans craindre sa vengeance et inspirait chaque souffle brumeux qui émanait du labyrinthe de branches, les yeux perdus dans les cieux aveugles qui dominait la forêt. Et les hommes sortirent, voutés, cassés, sculptés dans du marbre, chaque parcelle de leur corps souillée par la peur, les pupilles accusatrices. Ils combattaient sans bruit cet impétueux voyageur, qui trompait leur quiétude d'une impertinente présence. Ils détaillaient son visage clair, sa peau douce et jeune, ses longs cheveux bruns, ses iris innocents, son âme pleine d'espoir et d'arrogance avec la froideur d'une épée d'acier, tranchant son corps en lamelle d'or, répandant de la poussière d'étoile dans le c½ur en supplice des piètres compagnons du bois. Ils le repoussaient de toute la force de leurs frayeurs maladives, tentant inlassablement d'ensevelir le garçon d'images terrifiantes, guettant la peur comme le vautour guette sa proie. Mais le jeune homme ne reculait pas, et le combat perdurait dans les limbes argentés de ce champ morne, inquiétant, infini...
Puis lentement, avec mille précautions, les vieillards reculèrent, inclinant lentement la tête vers la lueur d'espoir idiote qui semblait briller au dessus du garçon comme une auréole argentée. Cet homme n'avait pas l'age de savoir, mais il parla, avec la voix d'un enfant naïf et heureux :
- N'ayez nulle crainte, oh tristes hommes, je vais allumer la flamme ardente qui s'éteint sur vos visages, je vais braver la forêt, et vous délivrer de l'infinie terreur !
- Alors le plus humble des villageois, l'homme qui était si agé que sa peau se confondait avec l'écorce répondit de sa voix grave :
- Pars, petit, pendant qu'il est encore temps. Nul ne peux braver les sages arbres nous défiant, cours, fuis, ne te retourne pas, car tu seras soumis à la tentation.
- Je ne fuierais pas, je braverais la peur avec la force de dix hommes, et reviendrai demain matin pour vous apporter la preuve de ma victoire !
- Tu ne sortiras pas vivant de ce labyrinthe rusé, petit, il est tortueux et te joueras mille farces qui t'emprisonneront dans la fatigue, puis te vaincra dans ton doux sommeil, si vivement que ta vie s'éclipsera en un souffle innocent.
- Détrompez-vous, vous ne pouvez m'en empêcher. J'irai ce soir même, et je combattrai ce bois vivant, j'en fais le serment !
L'homme sans âge poussa un soupir douloureux et tourna le dos à l'impertinence de cet enfant, longeant les longues herbes aux couleurs usées, dont la tige dépassait les longs cheveux blancs, crissant comme les dents d'un loup sous les pas lents des hommes déchus.
Le petit homme, lui, ne bougea pas, contemplant d'un air rêveur les arbres aux longs bras onduler vers lui, ruban de fumée noire flottant au gré du vent froid du crépuscule. Le soleil rougeoyant se couchait parmi les feuillages, et les maisons, brunis par le ciel ardent semblait s'agrandir en des ombres gigantesques, rejoignant les cimes des arbres en un pacte silencieux, éternel et sage. Il était seul maintenant, et frissonnait sous les assaut glacials des alizés d'automne. Il se leva, soudainement, et sans un regard marcha vers les portes ouvertes, gardées par deux troncs majestueux, pênetra dans la court du Dieu des ombres et s'y enfonça, ignorant les chuchotements terrifiés qui tentaient sournoisement de l'emmener loin de l'obscurité.
La nuit était maintenant tombée, et le jeune homme avait pour seule lumière la lune, princesse boudeuse de la nuit qui se cachait parmi les nuages sombres, lui jouant des tours effrayants. Le silence avait prit une ampleur magistrale, seulement rompu par le crissement des pieds timides sur les feuilles tombées. L'enfant ne savait par où aller, ses mains hésitantes dessinaient les contours des troncs aux bouches béantes, des branches basses, fragiles et fuyantes, qui crépitait quand, par mégarde, il en brisait une, perpétuant un écho douceureux dans la froide nuit. Il avançait sur des chemins imaginés, s'efforçant d'inventer une boussole d'or, qui l'éclairerait de sa douce et rassurante présence, mais il ne pouvait deviner les divins secrets de ce mystérieux labyrinthe, et sa douce confiance commençait à s'envoler en volutes de fumée.
Et il avançait, dans ce noir, absolu et sournois. Ses pas, de plus en plus hésitants le portait à peine. La terreur, rampant comme un serpent calme et silencieux, s'imiscait en lui. Il tremblait, tant la mort émanait de ce lieu maudit, de ce lieu déchu. Il aurait voulu fuir loin de cette voile noire, loin de ce silence agonisant, hurlant à la face de la lune des louanges tourmentées, loin de cette épouvante muette, loin de tout...
Puis, devant ses yeux brillants, survint une lueur luisante, luciole rassurante et chaleureuse. Elle tournoyait devant ses yeux en boucles d'or fin, laissant de la poussière d'étoile tomber sur les ruines de souvenirs abrités en ces lieux. Elle était une caresse brûlante dans le noir doucereux. Cette étincelle de vie semblait tracer les contours d'un chemin de son sillon étoilé, le guidant dans les ténèbres de cette nuit éternelle, réchauffant son c½ur froid comme le marbre. Il la suivit dans cette bulle où le temps s'égrenait infiniment, entourés de sabliers d'argent.
Puis la douce quiétude s'éparpilla en tourbillons obscurs, des lueurs perlaient, s'agrippant aux branches d'un arbre millénaire l'épiant de ses yeux profonds. Il semblait émaner de son visage vénérable un torrent de lumière douce. Des milliers d'étoiles semblables à celle l'ayant guider s'accrochaient, s'entremêlaient dans les branches, apportant la vie éternelle aux rides sillonnant le bois. Il semblait pleuvoir des perles dorées, poussière de diamants brûlant l'esprit du jeune innocent. Il n'osait s'avancer dans le brouillard brillant, de peur de briser cette infinie beauté, d'irradier au creux de flammes de la vertu dans cette forêt froide et morte. Puis, l'arbre parla, le son de sa voix évoquant des lieux plus vieux que l'aurore :
- Retourne sur ton chemin, mon enfant.
- Je n'ai pas de chemin, je ne sais d'où je viens ni où je vais, mais j'aurai franchi la forêt demain, je l'ai promis ! - Qui êtes-vous ? Êtes-vous un esprit ?
- Je suis le meneur, chargé de guider les âmes en peine jusqu'à l'ultime fin, tu as pénétré dans l'antre du démon, la vie quitte ton corps parmi cette poussière enchanteresse, tu la rejoindras bientôt, mais si tu veux aller en paix, tu dois rebrousser chemin.
- Je resterai en paix, je resterai pur ! Je provoque les esprits animant ces lieux, et les vaincrai !
- Ils sont invincibles, mon garçon, le bois est vivant, c'est un monstre capricieux, qui joue, désabusé, de toutes ces pauvres créatures l'habitant, il les manipule en fait d'immortels pantins, rebrousse chemin mon garçon...
- Je ne le pourrai pas, j'avance au gré de mes pensées, je ne sais pas où aller...
- Suis tes pas, ils te guideront, retourne-toi !
Sa voix disparut dans la brise, murmures virevoltant dans la noirceur des cieux. Le jeune homme, dont le courage feint s'effondrait en une pluie moite et froide, frissonna, les yeux levés vers les trous béants abritant le regard si profond du vieux guide. Toute vie semblait avoir disparu de cette souche ancienne, comme si le vent malicieux avait brusquement pris possession de ses racines fourmillantes, et lui avait prêté la vie un bref instant, dans l'éternelle et si cruelle nuit. Il sentait le froid s'enrouler autour de lui, âme maligne l'encerclant, l'emprisonnant dans ce labyrinthe gigantesque.
Il se retourna lentement, vers les branches pointant l'obscurité de leurs doigts crochus et couru sous les yeux brillant des loups hurlant à la lune, les feuilles dorées aux couleurs tristes de la clarté nocturne hurlaient sous ses pas précipités, attirant les corps lestes des prédateurs affamés, cherchant avec avidité les trop rares victimes s'aventurant sur ces terres maudites. Il courrait, poussé par la folie s'emparant de lui, il courrait en une quête aveugle, le sentier tortueux semblant se mouvoir sous ses pieds tremblant, il courrait sous les rayons argents, dans le silence immortel.
Le meneur l'avait dit, ses pas le guidait. Il arriva bientôt à laurée du bois, le village endormi semblait mort depuis des siècles, et les hautes herbes lui donnait l'impression d'offrir un repaire calme et rassurant. Il s'effondra sur le sol, la tête levée au ciel, un sourire tordu sur ses lèvres ; il riait d'avoir trompé la mort dans cette lueur sinistre, il riait d'avoir défié les légendes suffoqués des vieux hommes, lui avait vaincu, il était invincible !
Mais un désir impérieux, enfouit en son âme douloureuse guida à nouveau son faible esprit. Il se leva doucement, et se dirigea vers le cimetière, qui paraissait briller sous un halos sacré. Les rayons de la lune éclairait les épitaphes, devinant les noms des défunts tandis qu'il s'en approchait. La terreur pris à nouveau possession de son corps, mais elle ne pouvait vaincre la volonté de la forêt enchantée. Le souffle sournois le guidait vers une tombe majestueuse, à la sépulcre d'argent. Il s'agenouilla sur le sol nu, aux sillons glacés et leva respectueusement le visage, jusqu'au nom du défunt, inscrit sur la pierre froide. Ses iris frémirent d'horreur, tandis qu'il laissait échapper un long cris horrifié, ce qu'il vit fut la mort, dans le pâle reflet que lui offrait la nuit, ce qu'il vit, fut son nom inscrit en lettres tranchantes sur l'épitaphe.
La triste pierre offrait un miroir à son épouvante, il voyait son visage s'émacier, perdre vie, brûlant chaque parcelle de son corps, le voutant, le jetant à terre, le torturant avec le calme le plus froid. Il sentait sa jeunesse s'évanouir sous cette nuit damnée, elle semblait s'élever en siphon de fumée noire, fuyant le barrage de ses lèvres d'où des râles étouffés hurlait la souffrance. Il était seul, et la mort se jouait de lui, là où la lune elle-même rit des tours démoniaques de ses servants. Il était seul dans l'ultime seconde de son existence, vie atrophiée en une nuée de maux doucereux. Il était trop tard, le vieil arbre l'avait énoncé ; la forêt prenait son innocente existence; pour nourrir les perfides enfants de la nuit.
La douleur s'évapora en un souffle brisé, le laissant tremblant sur le givre froid, homme faible aux dernières lueurs de sa vie. Puis ses yeux fatigués furent éblouis par une lumière aveuglante, poignardant son âme d'une épée d'or et de diamants. Des doigts qu'il devina infiniment gracieux le soulevèrent telle une plume douce et tendre, et disparurent embaumant l'air d'une caresse. Il ouvrit les paupières et contempla l'ange penchée sur lui.
Sa peaux irradiait comme mille joyaux, devant son visage émerveillé, et ses longs cheveux formaient une cascade d'ébène glissant jusqu'à ses hanches. La déesse avait de grands yeux dorés, emprunt d'une bonté et d'une cruauté qui le terrifiait. Une longue robe pâle tombait sur ses hanches, offrant une clarté irréelle dans le sombre cimetière. Elle sourit, découvrant des dents aiguisés, contrastant avec ses lèvres rouges sang.
- Je suis venue t'emmener au plus profond de la forêt, là où tu resteras pour l'éternité.
- Suis-je en train de rêver ? Dit-il l'homme d'une voix millénaire.
- Je n'oserais l'espérer, hélas...
- Qui êtes-vous ?
- Je suis la mort murmura-t-elle tristement, et sa voix aux bouquets de rose devint mélancolique. Je viens t'emporter là où errent les tristes combattants de la forêt. Un monde sans espoir ni loi, où l'esprit malin te transformera après avoir englouti ton filet de vie.
Le vieux c½ur de l'homme s'accéléra, tandis que le visage magnifique éclatait d'un rire inhumain. Il ne voulait vivre dans l'éternelle damnation, aveugle dans l'obscurité pour toujours, rendu fou par la douleur et la peur.
Il s'enfuit en courant, loin du ricanement du démon, restée immobile face à sa tombe. Il couru dans la gueule du diable, de toutes les forces de ses membres trop usés, il couru jusqu'à en perdre la raison, entouré des arbres malfaisants, il couru et se perdit dans le labyrinthe monstrueux, où les adorateurs de la nuit se repurent de son cadavre sec et souillé par l'âge. Et ses cris retentirent, brisant le silence suffoquant du bois hanté.

On raconte que son âme erre toujours parmi les branches acérés, à la recherche de sa jeunesse volée.
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# Posté le dimanche 17 mai 2009 14:30

Début nouvelle, en espérant que je la continue, et la finisse, cette fois.

Sous la tendre lune d'argent couvant cette froide nuit d'hiver, sa frêle silhouette luttait contre la force implacable de la tempête. Tout était figé dans ce sombre tableau recouvert d'un voile pur. Elle avançait, reine de mépris parmi ses alliés de glace. Ses larmes silencieuses s'arrêtaient sur ses joues rougies par la peine. Il semblait que jamais elle n'avait sourit, et dans ce silence serein effaçant les tourments, ses hurlements s'étouffaient. Les pans de son long manteau tourbillonnaient au rythme de ses pas, toujours plus rapides, toujours plus claquants, brisant le givre en un faible scintillement dont elle aurait autrefois put s'émerveiller. Autrefois...
Elle s'interrompit brusquement, ignorant ses pensées qui vagabondait vers les cieux étoilés, puis s'effondra, sans aucun bruit, sur le sol marbré de blanc. Elle n'avait plus envie de pleurer, plus envie de rien. Elle incendia la rue déserte d'un regard brûlant de haine et ferma un instant ses paupières, espérant quelque chose qui n'arriverait pas.
- Est-ce vraiment prudent de rester dehors cette nuit ?
Son faible c½ur s'accéléra soudainement tandis qu'elle levait la tête. Ce murmure avait sans doute été imaginé par son âme épuisée, voulant la torturer à nouveau, car personne n'aurait pu arriver aussi silencieusement...
Il y avait cependant un homme, qu'elle ne pouvait distinguer clairement dans la moiteur opaque de cette nuit maudite, son visage semblait se mêler aux flocons ruisselant sur lui, chaîne de velours sournoise et séductrice, fantasme de son propre salut ; cet homme avait la pâleur du marbre.
Elle se releva maladroitement, sans le regarder, ses yeux fuyant cette réalité délirante qui paraissait être le fruit juteux de son imagination, se détourna lentement pour s'éloigner.
En un instant le visage inconnu surgit devant elle avec une rapidité anormale, elle voulu crier mais sa bouche semblait cloitrée, figée en un rictus apeuré.
L'homme étrange sourit, et susurra à nouveau :
- Imprudente et impolie...
Sa voix était un véritable bouquet aux mille senteurs plus délicieuses les unes que les autres, elle avait envie de la toucher, de la goûter du bout de sa langue... Les yeux toujours baissés elle répondit, tremblante :
- Pardonnez moi, vous avez raison, ce n'est guère prudent, j'allais rentrer.
Une de ses mains glissa à son coup, contact plus glacial que la froideur de cette sombre soirée d'hiver, et releva sa tête. Elle n'eut d'autre choix que de le regarder.
Il était à la nuit ce que le soleil était à un ciel azur, un prince majestueux, éclatant d'une sombre aurore luisante, dans un horizon rouge comme le sang. Tout en lui chancelait, frémissait d'un tonnerre mystérieux aux éclairs si puissants, si foudroyants qu'une vie s'y éteignait avant d'avoir eu le temps de faiblir. Son visage était un immense typhon, où deux puits noirs et profonds l'attiraient irrésistiblement vers son gouffre insaisissable. Sa vie n'avait pas d'importance face à la puissance dévastatrice de cet aimant gigantesque. Toutes les fibres de son frêle corps étaient irréversiblement attirées à lui, dont la face à la froide passion trahissait des vestiges de souffrances, et des bourrasques de tourments. Il n'y avait pas l'ombre d'une vie dans cette âme torturée, mais malgré la terreur, un désir piquant, serpent malicieux et imposant, montait en elle, de plus en plus puissant, implacable, ne lui laissant aucun choix...
Tandis qu'un flot de pensées tentatrices s'écoulait en elle, elle prit une brusque inspiration et s'enfuit dans le silence oppressant de la neige, glissant sur son visage.

Elle s'éveilla d'un soupir tourmenté, transie de froid, ses cheveux traçant des courbes de perles nacrées sur le sol. Son souffle s'étirait en volute de fumées sortant de sa bouche entrouverte en spirales irrégulières, et son c½ur battait une chamade folle, comme éveillée d'un cauchemar terrifiant. Cette nuit avait-elle été réelle ? Cet homme, son impérieuse tentation inventés ?
Elle se leva, et se dirigea d'un pas lent, inquiet vers la fenêtre de cette pièce vide et froide, aux voiles purs. La neige furieuse avait fait place à une douce trêve, et le soleil fondait sur la couche blanche, dévoilant peu à peu les multitudes de maisons ensevelies sous de pâles roches glaciales. Jamais cet endroit morne et triste n'aurait pu abriter l'inquiétante puissance de l'homme, issu, lui semblait-il, des profondeurs de son imagination fiévreuse. Elle senti des vagues de regrets l'envahir de toutes parts. Un rêve... Il n'était donc rien d'autre qu'un piètre mensonge, tiré par les ficelles de son âme, priant pour s'enfuir loin de cette infâme monotonie.
La déception coula en une goutte salée le long de sa joue. Elle aurait voulu lui hurler sa haine, à ce démon imaginaire, lui cracher ses pleurs au visage, et qu'il s'en repaisse, elle aurait voulu le tuer avec l'ardeur brûlante de sa tristesse, et qu'il lèche sa souffrance. Mais elle tremblait, faible ; statue de porcelaine dans la quiétude de ce matin maudit.
Elle resta longtemps, les yeux fermés, des tremblements parcourant son frêle corps. Tout espoir l'avait quitté, elle ne voulait que l'apercevoir à nouveau, dans un rêve fébrile peuplé de terreurs passées.

La nuit commençait à tomber sur les maisons englouties quand elle leva son regard perdu vers le ciel. Elle se releva rapidement et sortit, transie de froid dans sa mince robe blanche. Elle n'y prêta guère attention, cependant, contrôlée par l'envie impérieuse de retourner sur les tristes lieux de son rêve, dernier espoir de sa quête insensée.
Les rails de trains rongées par le temps s'étendaient dans l'immensité. Elle ralentit, et contempla l'horizon. Un arbre centenaire aux longues branches avides semblait lui demander de s'aventurer parmi ses racines grouillantes pour un voyage millénaire, et le ciel blafard s'obscurcissait rapidement, faisant voler son imagination vers d'autres mondes.
Elle avait froid maintenant, et le lourd silence anéantissait son espoir petit à petit. Ses lèvres dansaient frénétiquement en une vibrante litanie :
- Il ne reviendra pas, il ne reviendra pas, il ne reviendra pas...
- Qui ne reviendra pas ?
Un souffle doucereux sur sa nuque avait été le seul indice. Son ombre était si silencieuse... Il apparut devant elle d'un mouvement vif et sa bouche s'étira en un sourire sinistre.
- T'ai-je effrayé ?
Il ne parlait jamais plus fort que la brise, et elle dût lire sur ses lèvres les mots prononcés avec tant de douceur.
- Qui êtes-vous ?
- Je ne suis rien que ton faible esprit puisse concevoir, je suis ton salut, et ta vie, un rêve, un feu puissant, une illusion...
Il écarta ses bras en une ombre noire, des gueules de loups enragées semblaient se disputer l'arôme du prochain festin, ils hurlaient à la froide lune une inquiétante mélodie.
- Désillusion...
Elle voyait presque les longs museaux la gouter goulument, elle apercevait leurs ventres immenses à travers la brume sombre qui émanait de l'homme, elle sentait leur haleine brûlante sur son visage...
Elle s'écarta fébrilement de lui, luttant contre l'irrésistible attraction qui émanait de son corps. Cet homme exhalait la mort. Les vagues de désir qu'elle éprouvait ne pouvait être qu'un tour dément joué par un songe chimérique. Il n'existait pas, c'était impossible.
L'homme se délectait des pensées de la jeune femme, dont il se nourrissait en examinant son visage tourmenté. Ses yeux brillaient d'une flamme violente tandis qu'il devinait ses folles pensées. Il s'approcha à nouveau et leva une main glacée vers son épaule.
- Ne pars pas encore.
Elle aurait voulu fuir en criant, ne pas céder à la folie, et écouter la peur torturant son c½ur, mais son corps était figé sous la pression infime des doigts délicats de l'inconnu. Elle voulait rester, elle voulait entrer en lui et qu'ils s'unissent dans le plus ardent des enfers, elle voulait décimer sa vie et la lui offrir pour l'éternité.
Elle ne pouvait s'enfuir loin de cette envie inhumaine, elle ne pouvait résister au doigts crochus qui s'élançaient dans sa direction. Le flot de cris outrés qui ne cherchait qu'à quitter ce lieux mourrait dans sa gorge glacée, et elle restait pétrifiée, frêle poupée hébétée.
Il lui semblait que son souffle faiblissait, ses membres s'engourdissait s'abandonnant à une douce torpeur, elle ne distinguait plus rien, des nappes de brumes jonchant ses paupières. Elle s'éloignait de tout, croyant presque voler à travers le paysage mort qui les entourait. Elle ne le distinguait même plus dans le brouillard devenu opaque, elle s'effondra silencieusement sur le sol froid, et tout devint noir.

« Nuages, inlassables nuages gris et ternes lancés dans une danse funèbres autour de ton pauvre corps. » Ces mots inscrits dans une encre pourpre portait son écriture. Lorsqu'elle s'était réveillée, ce fut ces lettres qu'elle vit d'abord. Mais encore une fois, une preuve bien piètre de l'existence de cet homme. Ses pas fatigués la guidèrent paresseusement vers la chambre qu'elle occupait. Elle se sentait si faible, si triste, perdu dans cette confusion qui l'assaillait sans répit...
Gouttes d'eau glissante sur sa peau, se confondant à la buée tandis qu'elle noyait ses pensées sous un jet brûlant, comme si elle voulait laver son esprit souillé, comme si elle voulait purifier son corps. Ses yeux fermés tentaient de chercher le visage, de retrouver les souvenirs brumeux de cette nuit étrange. Elle se souvenait de l'arbre millénaire aux vieilles branches sages, et des rails infinis qui semblaient l'inviter à fuir, elle entendait les mots murmurés par la voix morne de l'homme, et son visage s'approchant, tandis qu'il riait à la lumière de la nuit. Il n'était plus en vie, c'était indéniable. Les lèvres tremblantes, elle sortit sur le carrelage froid de la maison, elle frissonnait, d'une terreur et d'un désir extrême. Elle marcha jusqu'à son lit et s'effondra en un sommeil lourd dépourvu de songes.
Elle rêvait de lui, enfiévrée, son visage trahissant le flot de souffrances malsaines qui se déversait en elle. Elle bougeait, en proie à de cauchemardesques démons issus d'un néant sombre et suffoquant. Elle s'empêtrait dans le purin de son enfer imaginaire où elle l'attendait... Oui. Elle l'attendait...
Elle ouvrit soudain les yeux, les battements de son c½ur battant une apocalypse essoufflée, elle n'était plus seule maintenant.
- Quel monde spectaculaire, aux reflets époustouflants de luminosité, se perd dans l'or acre de tes yeux. Je m'en réjouirais presque.
Elle sursauta, cherchant dans la pièce les gouffres sombres de ses iris, il l'avait rejoint.
- N'as-tu donc plus peur ? Toi, si vulnérable dans le couloir sombre de cette nuit...
- Vous m'avez suivi...
Elle était à bout de souffle, la chamade de son c½ur la tuait lentement, lui semblait-il, tandis qu'elle posait cette question, n'espérant même plus de réponse :
- Qui êtes vous ?
- Simple rhétorique, ne sois pas naïve, tu me décevrais...
- Vous êtes...
Ses yeux embués se perdaient dans d'infinies contemplations, penchés vers les cieux, loin de cette chambre étouffante, loin de ses bras avides et décharnés qui trépignaient de l'accueillir en leurs seins, loin de sa face aux mille tourments, aux râles lugubres, loin de sa funeste tombe.
- Vous êtes... la mort ?
Il ne répondit pas, l'observant avec ce même sourire fourbe qui la faisait frissonner d'effroi et d'excitation, puis il se leva, se confondant avec l'ombre des rideaux ondulant au vent d'hiver.
- Je ne pourrais porter son nom, commença-t-il doucement, la prétention qui l'accompagne pèserait sur moi avec la puissance d'un étau. Mais cette nuit est ta dernière, et je voudrais te la prendre en tâchant de la réjouir un peu. Non ; je ne suis plus de ce monde vivant, grouillant de pourriture infâme s'insinuant sournoisement dans la terre noire. Le monde que j'ai quitté ne me plaisait pas plus, mais quelqu'un me le rendait aveugle au son de sa voix, à la vue de son corps... Elle était ma vie et mon âme, que j'ai perdu en la voyant disparaître sous une tempête de lourds nuages gris et orageux, ployant comme dans une danse autour de son corps inerte. Je ne suis rien, qu'une ombre marchant le long des étroites rues, traquant une étincelle, un souvenir d'elle qui m'éclabousserait de sa lumière dans la plus lugubre des nuits... Je la cherchais...
- Qui était elle ?
- Cela n'a pas d'importance, elle n'est plus, et m'a emportée avec elle. Je ne suis que le cadavre de ses souvenirs, rien d'autres, un pâle pantin cherchant vengeance, en m'abreuvant du sang qu'on lui a pris. De toutes les saveurs, la sienne n'avait d'égale, je n'espère pas plus qu'une piètre imitation, mais tout de même...
Elle sentit un frisson parcourir son dos tandis qu'elle goutait à cet arôme si délicieux qu'est l'amour déchu. Elle voulait qu'il voit en elle cet amour, qu'il l'emporte dans ce monde funèbre où elle s'allongerait sur des débris de fleurs fanées.
- Je parcouru le monde plusieurs fois, espérant voir sa silhouette au détour d'un chemin... Je croisai d'insipides imitations de sa beauté, et m'en nourrissait de dépit, j'admirais leur sang qui fleurissait autour de leurs chevelures, offrant un admirable contraste avec la blancheur de leurs traits... J'aimais voir leurs yeux paniqués changer soudainement d'expression pour dériver loin de moi, j'aimais prendre leur vie sans remords, et me rapprocher ainsi de mon défunt amour.
- Suis-je l'une d'elles ? C'est pourquoi vous m'avez écrit ses mots mystérieux la nuit dernière ?
Il s'interrompit, et son visage s'illumina à nouveau d'une aura maléfique.
- Tu as ses yeux...
Un vent glacial s'engouffra en elle, tandis que ces mots l'ensevelissaient sous des nués de frissons.
En une éclipse sombre, il s'approcha d'elle, sans un bruit, sans un souffle. Ses yeux scintillant d'un cruel espoir. Il n'y avait enfin plus qu'eux, se dit-elle, plus qu'eux dans l'infini plaisir, dans son enfer aux mille tourments, dans son c½ur pillé, arraché sous la lune blême des pêchés. Plus qu'eux dans l'ivre bonheur, plus qu'eux scellant la plaie palpitante de son âme. Ils s'unissaient dans cette étreinte cachée des yeux suffocants d'anges déchus. Elle virevoltait dans la nuit des temps, en une valse gracieuse, irréelle, et il pillait le corps calciné qu'elle lui offrait de désespoir. Comme une étincelle éclairant l'âme impure. Éclat d'innocence rongé par une tempête obscure, majestueuse, reine des maux, les yeux rivés dans sa peine, sans même la voir.
Puis il mordit. La vie suintant de son pauvre corps alors qu'il s'en abreuvait courait sur le sol dans des courbes fantasques, tandis qu'elle hurlait, resserrant l'étreinte de l'amour douloureux, les yeux rivés sur son visage. Elle souriait, dans cet océan rouge aux vagues de plaisir, elle voulait se noyer dans ses mers pourpres et chaudes qui l'enveloppaient de caresses farouches. Les aiguilles froides plantées dans son cou semblait vouloir y rester pour l'éternité, et la frêle silhouette s'accrochait, ne voulait rien perdre de cette volupté si douce. « Oh mon amour, murmura-t-elle, quelle douce ironie, je t'avais donné ma vie, et tu me la voles quand même...» Les yeux emplis de larmes de délice, sa voix se perdant dans les brumes envahissant ses pensées, elle criait dans l'éternel silence, elle criait, grisée de liberté, allongée sur un tapis de fleurs de sang, elle criait de désir, elle criait de mourir, et ses appels s'effaçaient, se heurtant aux astres, penchés sur l'homme qui la tuait. Il léchait les gouttes sinistres sur la poitrine qui laissait échapper un dernier souffle de vie, puis se figea, en même temps qu'elle, dans l'ombre des étoiles, dans cette sphère de paix, où la rose des ses cheveux s'étalaient sur les draps carmins, se mêlant à son âme qui fuyait au gré des vents.
Début nouvelle, en espérant que je la continue, et la finisse, cette fois.
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# Posté le lundi 09 février 2009 09:15
Modifié le mercredi 25 mars 2009 15:52

Frost...

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Voici le blog du meilleur groupe du monde, le groupe de mon amoureux $) .






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# Posté le vendredi 06 février 2009 15:40
Modifié le lundi 09 février 2009 09:18